• The Last King Of Scotland and Blood Diamond




                        Je mets ces deux films en lien, bien qu'ils n'aient rien en commun, si ce n'est qu'ils traitent tous les deux de l'Afrique, et des abus qui y étaient (pour Last King) et qui y sont encore (pour Blood Diamond) perpétrés.
    Les deux films n'ont rien en commun, non seulement sur le fond, mais surtout sur la forme. D'un côté nous avons Kevin McDonald, un réalisateur de documentaires qui s'essaie à la docu-fiction avec Last King Of Scotland, et qui y dépeind sans même nous la montrer, toute l'horreur du génocide réalisé par le dictateur Amin Dala en Ouganda. Il nous entraîne dans le monde faste et charismatique du dictateur en nous faisant suivre la vie de ce jeune médecin écossais qui se laisse lui aussi berner par l'intelligence et la fausse humanité dAmin Dala. On s'y enfonce, on s'y perd nous aussi, pour que la réalité nous saute au visage en même temps qu'elle tombe sur les épaules du médecin quand on lui montre des photos des carnages qui se font dans le pays...
    Du coup c'est encore plus percutant, parce qu'on est là tranquillou à vivre dans le luxe et les illusions, et puis paf tout d'un coup la réalité nous rattrape... et quelle réalité....

    En plus de ça, ce film est totalement maîtrisé question images. Ça se voit qu'il a fait des documentaires avant ça, parce qu'aucu
    n plan n'est laissé au hasard. Même les plans d'illustration ou de coupe avec des vues sur l'Afrique. Visuellement c'est un régal absolu pour moi qui fait des études de cinéma...
    Et c'est là dessus en fait que j'ai senti la plus grosse différence avec Blood Diamond.




    Il est lui réalisé par Edward Zwick, qui n'est certes pas un débutant, mais qui n'a tout de même pas la maîtrise de l'image qu'a Kevin McDonald. C'est flagrant!! (et là je commence à comprendre pourquoi les profs que j'ai nous rabâche que faire du documentaire c'est important....)
    Blood Diamond, c'est un très bon film, mais un très bon film de studio. C'est à dire qu'il veut faire passer un message qui est tout à son honneur puisqu'il s'agit de dénoncer le trafic de diamant en Afrique. Mais comme c'est un film de studio, Zwick a eu des contraintes à respecter : action, images chocs, musique lyrique pour faire pleurer, histoire d'amour, amitié, personnages clichés dans leur comportement et leur évolution (le personnage de Di Caprio -interprété avec brio cela va de soi- en est le parfait exemple : exécrable intolérant et égoïste au départ, pis il change au fur et à mesure pour finalement devenir un héros comme les autres.)... Ce genre de chose.
    La nana, on se demande ce qu'elle fait là, et la scène d'introduction à l'amour (baiser et coucherie heureusement magnifiquement élipsés) est bateau à mourir.
    Je vous laisse imaginer : une soirée où tout le monde s'amuse, mais le héros qui lui est torturé par ses vieux démons s'isole, musique douce qui commence, la jeune femme vient le rejoindre, il lui explique les malheurs de sa vie, pleure un peu et hop, elle lui prend la main.
    Le crime eût été de continuer, mais là, heureusement, on nous épargne le baiser et ce qui suit. Merci, y'a une justice, Edward Zwick a bien compris que ça aurait fait tâche dans le décor!! Mais il a quand même été obligé de coller cette scène à deux francs cinquante pour nous faire comprendre que les deux personnages étaient ensemble.

    Bref, Blood Diamond, c'est un film qui touche aussi, mais pas de la même manière.. Un film de Studio, donc étudié pour toucher le spectateur. En soi c'est pas un mal, parce qu'au moins c'est "tout public" ce qui n'est pas le cas pour Last King Of Scotland par exemple.
    Et le message passera auprès de plus de monde.
    Mais bon... Moi j'aurais bien aimé que ça se démarque un peu plus et que ça tombe pas dans certains clichés obligatoires des films Hollywoodiens!

    Les deux sont à voir. Parce que c'est important de savoir ce genre de choses.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :